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Tribalisme au Gabon : la cinglante réplique d’Alfred Nguia Banda à Max Anicet Koumba

Tribalisme au Gabon : la cinglante réplique d’Alfred Nguia Banda à Max Anicet Koumba
Tribalisme au Gabon : la cinglante réplique d’Alfred Nguia Banda à Max Anicet Koumba © 2021 D.R./Info241

Les allégations tribalistes de Max Anicet Koumba, président du Rassemblement des gaulois sur le blocage du Gabon continuent de faire réagir même à l’étranger. Dans cette tribune, Alfred Nguia Banda, exilé politique en France, donne la réplique à ces propos qui font toujours jazzer. Pour l’auteur, le blocage du pays est plutôt à « à une camarilla et à une oligarchie ploutocratique de dimension nationale » dont Max Anicet Koumba est pourtant le fervent serviteur au sein de la majorité présidentielle d’Ali Bongo. Lecture.

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« L’Homme n’est ni ange ni bête mais qui fait l’ange fait la bête ». Cette citation de Blaise Pascal trouve son fondement dans les propos odieux, dégoûtants et méprisants de l’un des lilliputiens politiques du pouvoir en place : il s’agit de Max Anicet Koumba. Ce thuriféraire du régime imposteur est responsable d’un parti politique croupion sans adhérents, sans élus locaux et nationaux qu’il a baptisé inintelligemment et toute honte bue « Rassemblement des Gaulois » dont l’hilarité court jusque dans l’Hexagone.

Arborant une posture condescendante, acrimonieuse et antirépublicaine qui renvoie à l’intitulé de mon ouvrage « la République au Village », Max Anicet Koumba, membre de la majorité présidentielle, déclare : « ... Je tiens à dire ici, je l’affirme et je le répète, le Gabon est bloqué par l’imposture des Pahouins et le tribalisme... ». Ces propos prononcés devant un aréopage des représentants des partis politiques en session plénière du Conseil national de la démocratie, traduit la vacuité morale et l’inintelligence politique d’un pouvoir en panne sèche d’idées, en manque d’esprit imaginatif, créatif et de propositions idoines pour redresser un pays en mort clinique.

En toute objectivité, en quoi pourrait-on attribuer à la communauté Fang, dans son entièreté, l’écrasante responsabilité des dysfonctionnements, de la déliquescence de l’Etat et aussi de la gouvernance cataclysmique du Gabon ? Non, Monsieur Max Anicet Koumba, la communauté Fang dans son entièreté n’a aucun pouvoir et n’occupe aucun poste de haute visibilité dans le dispositif politico institutionnel et sécuritaire national. La Présidence de la République, la Primature, la Cour Constitutionnelle, l’Assemblée nationale, le Sénat, les Ministères de souveraineté, la Défense Nationale, l’Intérieur, la Justice, les Affaires étrangères et le ministère de l’Economie et des Finances, les principaux responsables des forces de défense et de sécurité, le chef d’état major général des Armées, le commandant en chef de la Garde républicaine, le commandant en chef de la police, le commandant en chef de la gendarmerie ne sont pas entre les mains des Fangs.

Alors comment peut incriminer arbitrairement une communauté qui ne dispose d’aucun pouvoir de décision. Non Monsieur Max Anicet Koumba ! La communauté Fang, à l’instar de toutes les autres et de la province du Haut Ogooué n’ont aucune responsabilité, alors là, aucune responsabilité dans le dysfonctionnement de l’Etat, le pillage des Finances publiques, la persécution de l’intelligentsia, l’instauration d’un État de terreur, la promotion de la médiocrité et la valorisation du népotisme. L’acharnement schizophrénique et l’estocade que vous portez inélégamment contre cette communauté dont l’histoire, la dignité, le courage et l’intelligence ne peuvent souffrir d’aucun doute, vous exposent à des poursuites judiciaires.

L’incitation à la haine ethnique, l’atteinte grave à la cohésion sociale et à l’unité nationale sont établies. L’article premier alinéa stipule : « Les associations, partis ou formations politiques, syndicats, sociétés, établissements d’intérêt social ainsi que les communautés religieuses dont les activités sont contraires aux lois, aux bonnes mœurs ou à la bonne entente des groupes ou ensembles ethniques peuvent être interdits selon les termes de la loi ». « Tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, de même que toute propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure ou extérieure de l’Etat ou à l’intégrité de la République sont punis par la loi ».

Non Monsieur Max Anicet Koumba ! Vous faites fausse route. Le naufrage du Gabon incombe indiscutablement à une fraction de la famille du feu président de la République Omar Bongo Ondimba, à une camarilla et à une oligarchie ploutocratique de dimension nationale dont vous en faites partie. Le tribalisme prend sa source, comme vous le savez bien, dans un système de « géopolitique » de pacotille et abracadabrantesque érigée en mode de gouvernance. Par ce système opaque et pernicieux, les talents, les élites, les méritants sont assujettis au pouvoir des roitelets notoirement incultes et incompétents.

Non Monsieur Max Anicet Koumba ! Ce débat abject et nauséabond sur l’ethnicisme que vous avez consciemment soulevé et mis en exergue, attise les blocs de haines entre gabonais, viole dangereusement les fondamentaux de l’Etat, ébranle les valeurs et le prestige de la République, bloque l’édification d’un État nation, fragilise le vivre ensemble et la cohésion sociale. Ces agissements relevant de la pierre taillée, pourront-ils nous extirper de ce carcan dans lequel nous sommes, à dessein confinés ? Appartenant à un même espace vital, aimons nous vivants pour jouir sereinement de la paix. « La République est un grand acte d’espoir », disait Jean Jaurès.

Alfred Nguia Banda, docteur en droit pénal et sciences criminelles, exilé politique en France.

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