Faillite nationale

Transport : Sogatra, ce grand bébé de l’Etat gabonais plongé dans un coma sans nom

Transport : Sogatra, ce grand bébé de l’Etat gabonais plongé dans un coma sans nom
Transport : Sogatra, ce grand bébé de l’Etat gabonais plongé dans un coma sans nom © 2021 D.R./Info241

Créée en 1997, la Société gabonaise de transport (SOGATRA) ne s’est aussi jamais mal portée. Entre mauvaise gestion, manque de projection de la part de la direction générale, salaires impayés et des grèves à répétition, la structure tangue au grand désarroi des employés qui ne savent plus à quel saint se vouer. Que penser de son parc automobile plaqué au sol à un tel point que l’opinion se demande se qui est véritablement arrivé à la SOGATRA.

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Plusieurs directeurs se sont succédés à sa tête depuis sa création. Chaque équipe dirigeante avec son type à part de management et sa politique d’emploi. De près de 350 salariés par là à sa date de création, la société se retrouverait à près de 850 agents actuellement. Les effectifs sont visiblement allés crescendo. Des recrutements massifs entretenus par les différents directeurs généraux et qui sont tels, que l’entreprise croule sous le poids de la masse salariale. Les différents audits n’ont pas permis d’avoir un regard clairvoyant sur chaque période, ainsi que sur le nombre d’agents recrutés par chaque directeur.

« Moi, quand j’allais au lycée technique, je prenais la SOGATRA. Et là, on était dans les années 2005 et j’étais en terminale. Voir aujourd’hui cet éléphant routier à l’agonie me sidère énormément. La SOGATRA c’est la fierté nationale. Pourquoi faire ça ? À Port-Gentil tous les bus sont garés à la foire. Plus aucun ne fonctionne. Or, dans un passé récent, ça nous soulageait énormément déjà que la ville n’a pas de taxi bus. C’est dommage que routes les entreprises nationales ont toutes ce problème. C’est un virus », se désole Michael Ntondo Adiwa, ingénieur en mécanique industrielle.

Il faut retenir que cette entreprise publique fonctionne avec la subvention de l’Etat. Celle-ci atteindrait près de 4 milliards et demi. Sauf qu’elle n’a très souvent pas été reversée convenablement. Et pourtant celle-ci ne justifie pas à elle seule, le manque d’investissement. Car l’entreprise générait des recettes mensuelles de près de 60 millions de francs CFA, selon un agent comptable basé à la direction générale. À quoi a servi cet argent ? Qui s’en sert discrètement ? Personne ne sait exactement.

« Regardez juste la série des détournements que le pays a subi. Entendez par là que la SOGATRA a été une vache à lait pour beaucoup d’hommes politiques du pouvoir. Mais c’est très triste de voir des pères et mères de familles pleurer leur argent qu’ils ont travaillé à la sueur de la front. Le Gabon va très mal », déplore Séréna Massandé, une entrepreneuse gabonaise vivant à Port-Gentil.

Cependant, afin d’oxygéner cette boîte une nouvelle fois, il serait judicieux de mettre en place un comité de pilotage chargé d’entamer des nouvelles réformes visant à restructurer ce grand malade en soins intensifs. Comme se fut le cas d’Air Gabon, d’Africa n°1 et de bien d’autres entreprises publiques qui ont été privatisées et placées dans les profondeurs de l’Ogooué. Pour l’heure, il n’en rien pour ce qui est du cas SOGATRA car la privatisation n’est pas d’actualité.

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