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Rentrée du 10 janvier

Reprise des cours : Les enseignants gabonais toujours sur le piquet de grève !

Reprise des cours : Les enseignants gabonais toujours sur le piquet de grève !
Reprise des cours : Les enseignants gabonais toujours sur le piquet de grève ! © 2022 D.R./Info241

Il y a plusieurs semaines au Gabon que les enseignants, les apprenants et les parents d’élèves étaient tous surpris de la décision du gouvernement de renvoyer les élèves et leurs éducateurs à la maison à l’occasion des fêtes de la nativité et celle de la Saint-Sylvestre pour une durée d’un mois. Beaucoup ont cru que ce « temps mort » devrait permettre au gouvernement de trouver des stratégies visant à désamorcer la bombe tombée au ministère de l’Education nationale depuis le début de l’année scolaire. Il n’en est rien.

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En effet, ce 10 janvier 2022, marquait la reprise effective des cours dans les établissements sur l’ensemble du territoire national, selon la déclaration du gouvernement faite il y a quelques temps. Chemin faisant, à Port-Gentil en particulier, dans le bassin pédagogique de l’Ogooué-Maritime, les salles de classes du lycée Thuriaf Bantsantsa, lycée Joseph Ambourouet Avaro pour ne citer que ceux-là étaient vidées de leurs enseignants. Et pour cause, les enseignants grévistes de l’Ogooué-Maritime réunis au tour de la coalition SENA-CONASYSED, ont entamé ce premier lundi de rentrée de classes de l’année 2022, la reprise officielle du piquet de grève.

Des enseignants observant leur piquet de grève à Port-Gentil

« Nous ne sommes pas prêts à lâcher du lest. Nous tenons car la raison est de notre côté. Y’a pas cours dans l’Ogooué-Maritime, nous avons lancé la reprise officielle du piquet de grève », confirme le délégué provincial de la CONASYSED Ogooué-Maritime, Paterne Ndong Nkoulou. De ce temps de répit offert par le gouvernement, aucune solution pérenne n’a été trouvée. Et malheureusement rien de concret permettant aux enseignants de valider la rentrée des classes n’est à signaler. Fort est de constater que le gouvernement a le week-end dernier, publié les noms des enseignants en grève tout en prenant le soin de considérer ces derniers comme étant absents à leur poste de travail, pendant qu’ils ont effectué leur prise de service auprès de leur localité d’affectation pour la plupart.

Voilà encore une mesure qui ne participe pas à la résolution des conflits au sein du secteur éducation au Gabon. « Nous avons respecté la loi. Nous avons déposé un préavis de grève sans que le gouvernement ne daigne ouvrir les négociations. Publier les noms des enseignants est un acte irresponsable qui favorise la manipulation. La grève est un droit qui est reconnu par la Constitution. Reprise des cours, nous disons chiche ! », affirme le délégué local de la CONASYSED.

Il faut dire que toutes les voies de recours ont été entreprises par les deux centrales syndicales. Mais rien n’a bougé. Par contre, à ce jour l’établissement des bulletins est une autre paire de manche. Car la paralysie qu’a suscitée les enseignants depuis deux mois déjà, est-elle que le gouvernement ne pourrait pas semble-t-il, restituer aux apprenants leurs résultats scolaires du premier trimestre dans sa totalité. Et c’est la preuve que le secteur de l’éducation est effectivement dans une tourmente dimensionnelle. Beaucoup de parents d’élèves s’inquiètent déjà sur les notes du premier trimestre qui seront inscrites dans les bulletins puisque les cours n’ont pas été dispensés régulièrement. Pire encore, les devoirs de classe et de maison n’ont pas été faits.

« Moi je vais dire quoi à mon fils ? Rien ! Parce que je sais qu’il n’a pas eu de devoirs en tant que tel. La note qui viendra, je vais l’accepter. C’est dû à la grève. Et cette situation est nationale faut le rappeler », pense Séraphine Moussavou. Pour les élèves en classe d’examen, c’est un manque à gagner à l’approche des épreuves de fin d’année. « J’ai pas eu cours aujourd’hui de toute la journée. Aucun professeur n’est arrivé en salle. Nous qui sommes en classe d’examen c’est difficile », précise Oranga Fidel, élève en Tle dans un lycée de la capitale économique.

Cette éducation en dents de scie promet des surprises. Tout compte fait, que le gouvernement prenne ses responsabilités régaliennes (régulariser les situations administratives, recruter les enseignants, les faire avancer, payer le rappel solde depuis 2014, rouvrir les concours etc) aux fins d’apporter une accalmie dans ce secteur qui est pointé du doigt depuis des années au Gabon sans réelles solutions.

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