Hommage

Maître Fabien Meré tire sa révérence sous les vivats de la diaspora gabonaise de France

Maître Fabien Meré tire sa révérence sous les vivats de la diaspora gabonaise de France
Maître Fabien Meré tire sa révérence sous les vivats de la diaspora gabonaise de France © 2021 D.R./Info241

Le très regretté Maître Fabien Mére, avocat au barreau du Gabon, ancien ministre, combattant de la liberté, de la justice, de la démocratie et défenseur des Droit de l’Homme, figure de proue de la Résistance gabonaise pro Jean Ping qui réclame la vérité sortie des urnes le 27 août 2016 face au régime d’Ali Bongo, décédé à 62 ans, le 27 janvier dernier à Mâcon (France) a reçu un vibrant hommage de la diaspora gabonaise de France et d’Europe, le vendredi 26 janvier dans le 17ème arrondissement de Paris.

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Une cérémonie religieuse remplie de symboles a été organisée en son honneur au sein de l’église Saint-Ferdinand des Ternes qui a refusé du monde. Entre témoignages, chœurs, les applaudissements saluant son engagement pour la démocratie et la liberté au Gabon mêlés de pleurs et de sanglots ont marqué cette messe d’hommage. Entourés des familles Méré, Evouedjomba Méré Okowa, Revandine, Issembet et en présence de son épouse née Rembendambya Sophie et de certains enfants, tout le gotha de la diaspora gabonaise de France et d’Europe, des résistants engagés, des anciens ministres, hauts cadres et amis ont répondu présents.

Une vue de la cérémonie d’hommage à la cathédrale Saint-Ferdinand des Ternes à Paris

Cet hommage en France a été suivi de celui de New-York et d’un lâcher de ballons blancs à côté de la statue de la liberté, d’une marche de l’adieu de la diaspora, de la place du Trocadéro à l’Ambassade du Gabon, le 27 février, d’une autre messe à la cathédrale de Saint Jean Baptiste de Perpignan, d’une veillée à Brooklyn.

En terre gabonaise, des hommages seront finalement rendus à Maître Fabien Méré en conformité avec les respect des mesures barrières. Jeudi 04 mars à 9h30 un hommage lui sera rendu par le barreau gabonais au Palais de justice de Libreville - 11h00 : hommage politique au QG de Jean Ping - 12h00 : recueillement au domicile du défunt. Vendredi 05 mars : transfert du corps à Port-Gentil. Samedi 06 mars : hommages à la foire de Port-Gentil - 11h00 : inhumation au cimetière Lazaret.

Le programme intégral des obsèques de l’illustre disparu

Maître Méré, un engagement exceptionnel qui malgré sa stature, son parcours d’exception ne lésinait pas de battre le bitume de la place des parvis des droits de l’homme du Trocadéro nous lègue à tous une belle leçon d’humilité et de combativité pour la démocratie et la liberté démocratique en terre gabonaise et africaine. On se souviendra de ses prises de paroles à travers les villes de France et d’Europe devenues cultes : « À côtés de nos compatriotes, fauchés dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2016 et les jours d’après, pour avoir défendu leur vote et la Démocratie, il y a ceux qui payent de leur liberté pour les mêmes idéaux, les prisonniers politiques. RESPECT ».

S’adressant aux tenanciers du régime Bongo-PDG, l’avocat gabonais les interpellait en ces termes : « Ne vous faites pas d’illusion, chacun essaye de sauver sa peau. Le bateau prend l’eau ! Et ceux qui prennent l’initiative aujourd’hui, de se rapprocher de ce régime, commettent une erreur historique. Ils commettent une erreur historique, ils sont en train d’écrire la page noire de leur existence ».

Au sujet des prisonniers politiques qui croupissent encore à ce jour dans les geôles infernales de la prison centrale de Libreville, l’ancien ministre scandait avec véhémence : « Libérez l’ensemble de nos prisonniers injustement incarcérés !! Où sont les prisonniers disparus ? Nous n’avons plus aucune nouvelle depuis plus de 2 mois. Libérez les !!  ».

Parlant du respect des suffrages exprimés par un plus grande nombre de Gabonais lors de la dernière élection présidentielle, Maitre Méré rappelait ce qui suit : « Nous avons, le 27 août 2016, choisi JEAN PING pour être le Président de la République gabonaise. Ils ont refusé ce choix de la majorité des Gabonais votants. Alors ils ont pris la décision de tuer, d’emprisonner, d’intimider. Ils sont allés jusqu’à faire disparaître le plus grand nombre de victimes possibles. Ils pensaient nous détruire mentalement. Ils ont manifestement échoué. Les temps changent. Depuis lors, ils sont dans une fuite sans fin tel Caïn. 

De facto, tous leurs actes, frappés du sceau de l’infamie et de l’illégitimité, sont sans lendemain. Leur marge de manœuvre se rétrécit de jour en jour. Ils vivent dans L’ILLUSION de l’exercice du pouvoir. Ils le voient, ils le sentent, ils en sont conscients et ils ont peur. Peur de demain car ils savent que leurs crimes sont imprescriptibles. Ils ont osé commettre l’irréparable : ôter volontairement la vie. Assassiner, massacrer les leurs. Ils ont, en toute liberté, exécuté la part de divin qui résidait dans chacune de leurs victimes. La part de Dieu qui demeure en chacun de nous. Ils ont osé !

Alors Nous les rescapés, Nous les parents des suppliciés, Nous les citoyens-humains n’avons d’autre choix que de rester debout, de rester actifs. Chacun avec son intelligence et ses moyens, chaque groupe avec ses moyens et son engagement, jusqu’à la réhabilitation de l’expression populaire du 27 août 2016. Retenons que nous ne sommes pas seuls dans cette noble lutte. Nous avons aujourd’hui un allié de taille, un instrument international non négligeable (Accords de Cotonou) conforté par une décision supra nationale d’importance capitale (Résolution du Parlement ).

Notre constance, notre sincérité, notre détermination et notre intelligence dans ce combat feront le reste. C’est une œuvre de salubrité publique, une œuvre de SALUT PUBLIC. Fier d’y contribuer. Bon gré mal gré, nous y arriverons !  »

La rédaction d’Info241 s’associe à cet hommage mérité en exprimant leurs sincères condoléances à toute la famille éplorée en espérant que le combat et les idéaux de liberté et de démocratie soient toujours au firmament de la lutte citoyenne et pacifique.

L’envoyé spécial d’Info241.com à Paris, Philippe Makinalok.


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