Opposition

L’appel des Jeunes Souverainistes au Front uni de l’opposition pour l’alternance démocratique au Gabon

L’appel des Jeunes Souverainistes au Front uni de l’opposition pour l’alternance démocratique au Gabon
L’appel des Jeunes Souverainistes au Front uni de l’opposition pour l’alternance démocratique au Gabon © 2015 D.R./Info241

Les Jeunes Souverainistes, une des mouvances de l’opposition gabonaise a adressé ce 30 janvier à Libreville une interpellation aux membres du Front uni de l’opposition pour l’alternance, anciennes chevilles ouvrières du régime Bongo en exigeant un dialogue d’idées sur le fond de leur démarche politique.

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Ceci en appelant le Peuple Gabonais dans son ensemble à une extrême vigilance, pour que plus jamais des hommes et des femmes animés par des intentions inavouées décident de leur avenir sans eux et malgré eux.Car l’engagement primordial est une rupture radicale avec le système clan Bongo-PDG et affidés dont Ali Bongo et ses serviteurs colistiers sont des héritiers.

Face à ce recadrage des Jeunes Souverainistes, les avis divergent, certains allèguent sur les réseaux sociaux, que cette interpellation tombe à point nommée afin que ceux qui ont des oreilles entendent ! Qu’ils entendent la vérité. Qu’ils entendent la vérité que disent les Jeunes Souverainistes. Mais que les dirigeants entendent la vérité qui annonce le changement, c’est-à-dire la fin du bongoisme, et non l’alternance au sein du système.

En effet, poursuivant dans le même ordre d’idées, un souverainiste fait remarquer en parlant des membres du Front qu’il semblerait qu’ils soient des courtisans, des ploutocrates du régime Bongo. Ne sont-ce pas ces actuels leaders du Front qui mettaient en échec les initiatives de l’opposition de 1990 à 2009 ? Sont ils devenus les héros après avoir été les facteurs d’échecs ou les obstacles manipulés par le clan Bongo ? s’interroge-t-il

Mais un autre son de cloche relayé par les pro-Front répond à cette critique acerbe en s’interrogeant en ces termes : qu’est ce que vous avez voulu dire aux ex-PDG membres du Front et qui n’a pas été pris en compte ? Qu’est ce que vous avez voulu entreprendre et qui a été bloqué par le Front ? En fustigeant cette prise de parole des jeunes Souverainistes, l’un affirme : "arrêtons de toujours venir sur la place publique pour jouer les omniscients et les censeurs intra-muros.

En martelant que : "vous auriez pu écrire aux concernés de votre camp, qui sont également des anciens barrons du régime Bongo au même titre que les membres du Front. Au lieu d nous servir cette cacophonie qui sème la discorde inefficace pour le combat de l’alternance démocratique. Or, en ce moment, nous avons besoin de toutes les synergies pour combattre notre unique ennemi : le système PDG-clan Bongo dont la figure de proue est Ali Bongo et tous ses larbins serviteurs.

L’opposition gabonaise de 1990 à 2009 n’a pas atteint l’objectif, certes, poursuit-t-il, « mais nous vous prions de laisser le Front travailler différemment.Vous n’avez pas la science infuse et votre parole n’est pas parole d’évangile. Dites au peuple gabonais ce que vous suggériez, mais qui est balayé d’un revers de la main par le Front. Dites-le, le dialogue est ouvert, les membres du Front sont accessibles. Nous attendons vos propositions constructives et non de dénigrement vain »

Nous vous livrons l’intégralité de cette adresse d’interpellation parvenue à notre rédaction. Elle semble mettre au goût du jour cette célèbre citation devenue culte de l’ancien Président des Etats-Unis d’Amérique, Abraham Lincoln « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps »

Chers Compatriotes,
 
Le Front lutte pour la restauration de l’État de droit au Gabon, nous partageons pleinement cet idéal. Le Front lutte pour la souveraineté du peuple gabonais, nous avons fait de ce combat notre cheval de bataille. Le Front veut réaliser l’alternance politique au pouvoir en place, Nous voulons la Rupture avec le système des Bongo Ondimba et affidés.
 
Chers membres du Front,
Mesdames, Messieurs,
 
Nous savons que vous avez servi le Gabon au plus haut niveau et ce pendant des années. Cependant, nous n’avons pas l’arrogance de nos frères et sœurs du PDG qui vous insultent et vous méprisent parce que certains parmi vous ont été aux affaires et se sont enrichis avec le Président Omar Bongo. Nous ne sommes pas aussi idiots pour croire que des hommes et des femmes nés libres sont contraints de demeurer les esclaves d’une dictature qui empoisonne son peuple depuis plus de 47 ans.
 
Contrairement à ce que pense Pascaline Mferry Bongo Ondimba , le Gabon n’appartient pas à sa famille. Contrairement à ce que croit Ali Bongo Ondimba , les Gabonais ont encore le droit de changer d’avis , de changer de camp , de changer tout simplement de vie. Les fils et les filles de ce pays ont tous le droit d’ être Gabonais autrement. Nul dans notre pays n’est tenu de vivre et de mourir esclave du Parti Démocratique Gabonais (PDG°.
 
Aussi, contrairement à ce que pensent certains esprits savants, vous avez fait le choix de la liberté, le choix du Gabon. Parce que vous avez accepté de rejoindre dans la lutte ceux qui souffrent de misère et que, disons-le clairement, vous avez contribuez à opprimer au sein du PDG. Le peuple apprécie la sincérité de votre engagement à ses côtés.
 
La jeunesse libre du Gabon vous observe. Comprenez chers grands frères, mères et pères que les Jeunes Souverainistes Gabonais sont en ordre de bataille. Seul un engagement fort de toutes les forces d’opposition pourra contraindre Ali Bongo Ondimba (BOA) à sortir de l’impasse dans laquelle il enferme le GABON et son peuple.
 
Nous sommes nombreux à dire stop au « Bongoisme » qui fait décrocher le Gabon et ruine les Gabonais au profit d’hommes et de femmes venus d’ailleurs. Nous sommes nombreux à contrer les extrémistes qui veulent casser l’idéal d’un Gabon uni, quitte à gravement menacer la sécurité du Gabon et des gabonais. Nous sommes des centaines de milliers à vouloir et bâtir un Gabon libre et prospère. Le « Bongoisme » est une tare congénitale qui tue toutes les intelligences utiles au pays. Le « Bongoisme » est la doctrine du pouvoir unique et de la pensée unique. Cette doctrine a affaiblit l’État avec le tribalisme et la géopolitique et la Nation est en lambeaux. Certains comme Michel Ogandaga appelle à la haine ethnique au risque de morceler l’Unité Nationale.
 
Lors de nos échanges quotidiens avec des Jeunes gabonais, un jeune combattant vivant aux États Unis d’Amérique nous a édifié en ces termes :" Une Nation n’est forte que lorsque le peuple de cette nation décide de l’avenir de son pays. Ceux qui décident pour nous et sans notre avis décident contre nous. Ces hommes et ces femmes, quel que soit leur bord politique, deviennent de facto les ennemis du peuple qui a soif de changement". Le peuple avec lequel vous avez renoué est un peuple inquiet, prudent et exigeant car plusieurs fois, ses espoirs ont été trahis ; son aspiration au changement a été foulée au pied par ceux en qui il avait placé sa confiance. Depuis 1990 des messies, des moises et autres sauveurs lui ont volé son espérance.
 
Cependant, notre peuple n’a jamais perdu la foi, il n’a jamais accordé sa confiance aux Bongo. Tous ceux qui, par le passé, ont trahis le peuple gabonais se sont retrouvés dans la poubelle de l’histoire. Il en est ainsi de Paul Mba Abessolo, ringard parmi les traites. Que dire de la descente aux enfers de Louis Gaston Mayila, emprisonné comme un briguant par celui qui un an avant l’avait gratifié de la médaille de chevalier de l’ordre de l’étoile équatoriale, comme pour le remercier d’avoir contribué à la paupérisation du peuple gabonais avant de l’humilier comme un scélérat .
 
Chers membres du Front
Mesdames, Messieurs,
Le Gabon a changé.
 
A une époque nous étions une vingtaine à quitter les bancs de l’Université, aujourd’hui ce sont des centaines de jeunes diplômés qui caressent chaque année le rêve de débuter une carrière professionnelle. Hier encore, nos mères pouvaient envoyer leurs enfants à l’école grâce au commerce de la tomate, aujourd’hui, ce commerce ne nourrit plus la famille. Il y a peu de temps l’administration pouvait encore donner du travail à tous les diplômes du Gabon, de nos jours ce n’est plus possibles, des Docteurs, des ingénieurs, des professeurs et des instituteurs sont assis à la maison, certains travaillent sans rémunération depuis des années. Aujourd’hui ces jeunes revendiquent le droit de prendre part à la vie politique de leur pays. Pour que plus jamais des hommes et des femmes animés par des intentions inavouées décident de leur avenir sans eux et malgré eux.
 
Le Gabon a changé, nous aussi nous ne sommes plus les mêmes.
Êtes-vous conscients de ces changements qui ont bouleversés les mœurs et les mentalités dans notre petit pays ?
 
Si oui, adaptez vos méthodes à la nouvelle donne. Si non le risque est grand de vous retrouver dans les poubelles de l’histoire du Gabon. Vous avez maintenant le pouvoir de prouver à toute la communauté nationale et internationale que le Front est uni pour le bien-être du peuple gabonais. Ce bien-être, transcende vos égos et vos rêves de fauteuil présidentiel .
 
Le bien-être du peuple gabonais passe par le départ immédiat de la dictature de monsieur Ali bongo Odimba. Mais sans votre détermination, le BOA peut encore croire à la pérennité de son pouvoir hégémonique. Sans cohérence de votre part, Maixent Accrombenssi peut continuer à remplir les avions avec les milliards du contribuable gabonais. Il ne risque rien, il le dit à qui veut l’entendre.
 
Chers membres du Front
Mesdames, Messieurs,
Le Gabon va très mal !
 
Combien de Mboulou Beka doivent tomber pour vous donner le courage d’en découdre avec ce système ?
 
Combien de Désiré Émane et de Jonas Moulenda vont s’exiler en France pour que vous vous rendiez compte de la profondeur de l’abîme dans lequel Ali Bongo et sa cohorte d’étrangers ont mis le pays ?
 
Combien d’étudiants vont être sodomisés à la Police Judiciaire pour vous persuader que le Gabon vit les moments les plus sombres de son histoire ?
 
Combien d’André Mba Obame vont être empoisonnés pour que vous laissiez de côté vos petits calculs de postes pour conduire la lutte jusqu’à l’affrontement final ?
 
Loin de nous l’idée de donner des leçons à qui que ce soit, nous pesons humblement que votre stratégie et votre positionnement ne convainc pas les Gabonais quant à votre véritable détermination à mettre à terre ce régime. Vous jouez la montre, vous voulez gagner du temps, c’est normal.
 
Mais, il se susurre chez nous à Kinguélé que consciemment ou non, vous renforcer la stature d’homme d’Etat d’Ali Bongo. Vous légitimez son pouvoir en déférent à chacune des convocations de sa procureur personnel. Vous justifiez des institutions que vous avez déclarées comme étant illégitimes. Vous découragez le peuple car vous semblez dépasser par la situation avec vos appels à la désobéissance civile non suivis d’effet. Vos meetings avortés et vos procédures judiciaires vouées à l’échec.
 
Bref vous démontrez à la communauté internationale la fébrilité de votre organisation. A cette allure, certains ferraient mieux de retourner au PDG. Votre organisation et vos réunions sont similaires à des réunions du PDG. Seuls ont le droit de parler que ceux qui ont l’argent. C’est la voix des plus forts qui prédomine dans la salle. Vous devez changer les vieilles méthodes Pédegistes, car l’original sera toujours plus efficace que la copie.
 
Innovez, écoutez et organisez la lutte, vous en avez les moyens financiers et humains. Il y a des jeunes autour de vous qui estiment ne pas être écoutés et déclarent ne pas être suffisamment associés, cette situation est regrettable car elle prouve que vous n’avez rien compris au nouveau Gabon que vous voulez incarner. Ce Gabon ne peut pas se faire sans une nouvelle élite courageuse et profondément souverainiste.
 
Vous ne pouvez pas conduire le changement, sans vous être débarrassés de vos vestes d’anciens dignitaires du « Bongoisme ».
 
« Le Bongoisme » est incompatible avec le progrès.
 
Vous devez revêtir l’armure du combattant de la libération du Gabon.
Pour changer le Gabon, nous devons tous changer.
Le peuple gabonais a changé, ses leaders doivent changer.
Patriotiquement,
 
Fait à Kinguélé, le 30 janvier 2015
 
Jeunes Souverainistes Gabonais (J.S.G)

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