Front social

L’hôpital de N’tchengue en grève générale pour réclamer de meilleures conditions de travail

L’hôpital de N’tchengue en grève générale pour réclamer de meilleures conditions de travail
L’hôpital de N’tchengue en grève générale pour réclamer de meilleures conditions de travail © 2021 D.R./Info241

Le secteur santé ne se porte plus bien au Gabon au regard des nombreux mouvements de revendications ci et là. À Port-Gentil, capitale économique du Gabon, hier en début de matinée, s’est tenue une assemblée générale du personnel en colère au hall d’entrée de l’hôpital régionale, 20 jours après le dépôt d’un préavis de grève.

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Cette assemblée générale portait essentiellement sur deux points : le paiement intégral de 11 mois d’arriérés de prestation de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et la situation du manque d’eau potable au sein de la structure hospitalière. Le point de départ de ce mouvement est que l’hôpital a d’énormes difficultés de fonctionnement. Cette structure hospitalière de référence dans l’Ogooué-Maritime manque de tout.

Des arriérés de paiement de la CNAMGS

Pour ce qui est des 11 mois d’arriérés de prestation CNAMGS, la direction générale de l’hôpital avait effectué un voyage sur Libreville afin de s’enquérir de la situation des prestataires. De ce voyage, il ressort d’une source proche du dossier que les factures de l’exercice 2020 ne seraient toujours pas arrivées à la direction de cette entité sociale. La chose la plus étonnante est qu’après 20 jours de préavis de grève, la caisse de l’hôpital n’a toujours pas perçu 45% d’argent de la CNAMGS ainsi que les 25% des prestataires qui attendent toujours leur dû.

Une vue de l’assemblée générale d’hier

« C’est étonnant ! Et la direction de l’hôpital n’a fait appel à personne pour nous aviser de ce qu’il en est concernant la facturation CNAMGS. Il y a un flou artistique derrière tout ça. Aujourd’hui nous sommes en grève. Étant régaliens, notre ambition n’est pas de fermer l’hôpital, c’est de nous faire entendre par nos dirigeants. C’est une grève pacifique », a déclaré Dr Jonas Mboumba, secrétaire provincial du Syndicat des médecins et fonctionnaires du Gabon (SYMEFOGA).

Un mouvement d’humeur pour le salut des patients

Pour obtenir gain de cause et mieux se faire entendre, le SYMEFOGA a décidé de serrer un peu plus les boulons. Ainsi il a décidé que dès ce mercredi, toutes prestations CNAMGS seront pure et simplement suspendues jusqu’à nouvel ordre. Et ce, jusqu’au paiement intégral de leurs arriérées de prestations. Quant à la seconde mesure, elle stipule que tous les agents de l’hôpital travailleront désormais 1 jour sur 2. Autrement dit, aucun patient ne sera reçu à partir de ce mercredi 9 mai et vice-versa. « On ne reçoit personne tout service confondu. Nous allons gérer uniquement que les malades qui sont hospitalisés. On va travailler comme suit : mercredi on ferme et jeudi on ouvre. Ainsi de suite jusqu’à satisfaction de nos revendications », rajoute t-il.

Pour ce qui concerne le problème d’eau dans cette structure hospitalière, il faut savoir que depuis belle lurette, tous les toilettes ont été fermés. Face à ça, il n’est plus rare de voir des citadins aller déféquer en pleine nature. Ce problème d’eau impose également à certaines femmes d’apporter de l’eau de leur domicile afin de prendre une toilette convenable. Pire encore, elles sont obligées de se doucher face aux logements des médecins qui font face à l’hôpital. Le plus terrible dans tout ça, est que les canalisations d’eau provenant de Mandorové passent par l’hôpital. Mais cette structure n’en bénéficie pas et ce depuis longtemps. Une situation désastreuse que fustige le syndicat.

Le nerf de la guerre

« 80% sont des malades CNAMGS. Et l’hôpital fait rentrer au tour de 23 à 33 millions de francs CFA par mois. Dans cet argent 80% doivent venir de la CNAMGS. Et la dernière fois c’est en juin 2020 que l’hôpital a eu l’argent de la CNAMGS. Où va cet argent ? Qui s’en sert tranquillement ? Lorsque ces femme accouchent, tout ce qui se déverse sur le lit sont : des selles, le liquide amniotique par exemple. Et tout ça doit être nettoyé afin de permettre aux autres de les réutiliser. Les toilettes sont fermés. On a été obligé de demander à chaque femme d’avoir un seau où elles font des selles et on va les verser au niveau des deux containers qui sont à l’entrée de l’hôpital. C’est horrible », a déclaré Dr Jonas Mboumba.

Voici maintenant 11 mois que cette structure sanitaire n’a plus reçu de subvention de leur prestation de la part de CNAMGS. Et les services comme la consultation, le bloc opératoire, le laboratoire, la radiologie etc., sont à 0 franc en ce qui concerne la CNAMGS. Cet argent là si on devrait faire un calcul simple, c’est pas moins de 200 millions qui sont dans la nature. Dans cet argent 45% doit venir au fonctionnement de cet hôpital qui manque de tout et du minimum comme des consommables. Il ressort des sources sûres que plusieurs décès ont été enregistrés dans cette structure à cause du manque d’eau.

Des conditions de travail épouvantables

Et les hommes en blouse blanche n’ayant pas l’asepsie officiel et par manque du précieux liquide exposent tous les jours la vie de tout le monde. Ils sont donc parfois obligés d’aller opérer un patient rien qu’avec du dakin aux mains. Et pourtant le lavage des mains est une étape fondamentale est cruciale avant une intervention chirurgicale. Ce manque d’eau affecte considérablement la qualité des soins et la vie des êtres humains. Il est donc primordial que ceux qui ont la décision finale, dont le ministre de l’Énergie et celui de la Santé, accordent leurs violons pour qu’une solution pérenne soit trouvée pour cette structure hospitalière de référence dans l’Ogooué-Maritime.

« Juste pour dire que ce que nous faisons, c’est pas de gaieté de cœur que nous le faisons. Nous sommes contraints d’aller où nous sommes pour essayer de trouver une solution afin d’améliorer notre qualité de soins. C’est pour l’intérêt des malades que nous le faisons. C’est pour acheter des consommables pour les patients », a insisté le représentant du syndicat à Port-Gentil.

Service minimum Covid-19

Il faut rappeler à toutes fins utiles que face au défi actuel de la riposte contre la Covid-19, responsables et patriotes qu’ils sont, ces pères et mères de famille de ce secteur d’activité ont décidé de manière sage, que le personnel affecté pour la vaccination Covid-19 puisse continuer à travailler sans discontinuité jusqu’à nouvel ordre. Un signe de maturité et de patriotisme qui démontre la volonté du syndicat de suivre les instructions des plus hautes autorités.

Sauf que le syndicat insiste et précise en disant que « si la situation n’évolue pas dans le sens que nous voulons, même ce personnel va arrêter de travailler. Mais c’est pas ce que nous voulons. Sinon ce serait une catastrophe nationale. Nous sommes au front et on veut rester au fond à combattre. Mais nos gamelles sont vides », a conclu le représentant du SYMEFOGA.

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