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Georges Damas Aleka, le célèbre auteur de l’hymne national du Gabon

Georges Damas Aleka, le célèbre auteur de l’hymne national du Gabon
Georges Damas Aleka, le célèbre auteur de l’hymne national du Gabon © 2021 D.R./Info241

Les Gabonais connaissent leur hymne national sans souvent véritablement connaître le parcours de son auteur-compositeur. Cette composition musicale destinée à représenter une nation dans les protocoles nationaux et internationaux, comprenant quatre couplets et un refrain, est régulièrement entonnée dans les casernes militaires ou encore dans les écoles et lors des cérémonies officielles. Elle a pour nom « La Concorde » et est l’œuvre d’un homme, Georges Damas Aléka (1902-1982), à jamais connu et reconnu de tous.

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 Naissance et vie de famille

C’est au sein de la ville qui fut au début du 20ème siècle l’ex capitale du Congo français, Libreville, que naît Georges Aleka Ndama dit Georges Ndama Aleka le 18 novembre 1902. Ses parents étaient d’ethnie Mpongwè et son papa répondait au nom de Boyi Georges qui était un descendant direct du roi Glass né R’Ogouarowe encore appelé roi Ré Ndama. C’est au cours des années 1950 précisément en 1954 que Georges Ndama se fera dorénavant appeler Georges Damas Aleka afin d’hexagonaliser son nom, tendance très appréciée des « instruits » de l’époque.
Georges Damas Aleka avait pour épouse Delphine Izouret Moreau avec laquelle il eut trois enfants dont un garçon et deux filles.

L’illustre auteur

Georges Damas Aleka est le père de Claude Aristide Damas Ozimo, né le 20 juin 1939, qui fut entre autres nommé par décret présidentiel édile de la ville de Libreville alors qu’il était président du conseil municipal ; son mandat s’étendit du 11 avril 1983 au 13 avril 1989. Georges Damas Aleka a alors 37 ans quand vient au monde Claude. Notre protagoniste est aussi le père de Richard Damas Aleka, de feue Joëlle Damas Ekoh ou encore de René Damas Aleka. Son premier enfant fut un garçon appelé Paul Ndama qu’il eut avant son union avec Delphine Izouret Moreau.

 Bref cursus et engagement citoyen

C’est à l’école catholique « Montfort » que Georges Damas Aleka fera ses études primaires qui furent d’ailleurs très remarquables. Mais dès 1917, le jeune Aleka commence son militantisme au sein de la Ligue Gabonaise des Droits de l’Homme et du citoyen en abrégé LDH qui œuvre à lutter contre les ségrégations et les mauvais traitements que subissent les travailleurs autochtones du pays. Il s’engage activement aux côtés d’autres gabonais « cultivés » comme Ndendé Dibantsa, d’ailleurs président dès 1914 de ce mouvement contestataire, à dénoncer les violences faites aux travailleurs éreintés par plusieurs années d’épidémies, de ségrégation et d’accroissement des prix des denrées alimentaires.

Les objectifs de la LDH étaient donc l’égalité des genres en matière de rémunération et de respect afin que tous les travailleurs noirs et occidentaux reçoivent la même considération ainsi que le même traitement. Georges Damas Aleka s’oppose ainsi aux réformes impérialistes des autorités françaises et l’avènement de la Première Guerre Mondiale constitue une entrave importante dans la prise en compte des revendications des autochtones car elles étaient d’abord introduites auprès de l’administration coloniale avant d’atterrir à Paris mais la première « Grande Guerre » fera détourner les priorités politiques et administratives de la métropole française.

En 1934, la population locale « métissée » se voit octroyer des privilèges conséquents au grand désarroi des populations gabonaises de peau noire. Ceci provoque la colère et l’incompréhension des « noirs » du pays qui crient à la discrimination et à la séparation raciales de la part des administrateurs français de l’époque. Un « cercle des Métis » est créée et n’est de facto réservée qu’aux gabonais n’étant pas foncés. Des avantages comme l’accès sans encombre à l’emploi, l’ouverture des internats ou encore le droit à la poursuite des études secondaires leur sont attribués.

Pour Damas Aleka, cette situation est inacceptable et il dénonce ces pratiques autoritaires et indignes en prenant position avec force et fracas. A la fin de la Seconde Grande Guerre, Georges Damas Aleka rejoint les rangs de l’Union des Syndicats Confédérés (USC) où il se verra confier le poste de secrétaire général. En 1946 au sein de la capitale sénégalaise, Dakar, il est fait porte-voix de l’USC pour parler en son nom lors de la première conférence africaine de la confédération générale du travail. Son aura et ses prises de parole pour la défense des intérêts des travailleurs et des peuples africains feront de Georges Damas Aleka, une personnalité importante dans les débats et dans la sphère communautaire panafricaine.

 Carrière professionnelle et politique

En 1924, Georges Damas Aleka commence à travailler comme employé de banque et se retrouve par la suite agent de 1939 à 1959 à la Compagnie Maritime des Chargeurs Réunis, compagnie de navigation française à vapeur. Mais soulignons qu’entre temps, de 1943 à 1946, il est nommé conseiller du Gabon auprès du gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) à Brazzaville ; en effet, les autorités françaises constituant la France-Libre sous le commandement du général Charles De Gaulle. De 1948 à 1954, il est membre suppléant du conseil privé du gouverneur du Gabon. Deux ans plus tard, c’est au sein de la municipalité de Libreville qu’il rebondit en tant que conseiller municipal élu de 1956 à 1963 ; il est aussi en ces temps représentant du Gabon au conseil économique et social français à Paris, fonction qui prendra fin en 1959.

Quand le Gabon accède à l’indépendance en 1960, Georges Damas Aleka est déjà bien connu du microcosme politique gabonais, sa notoriété de militant anti-discrimination raciale et d’engagé politique le précède. Ainsi, dès 1961 le président Léon Mba s’attache les services d’Aleka et lui confie des missions diplomatiques. Il est ainsi envoyé au sein de la Communauté Economique Européenne (CEE) et du Bénélux comme ambassadeur du le Gabon auprès de celle-ci. Il y restera deux ans et en 1963, il devient l’ambassadeur du Gabon auprès de la République Fédérale d’Allemagne (RFA).

Il remporte les élections législatives de 1964 dans sa circonscription et accède la même année au fauteuil de la présidence de l’assemblée nationale ; rappelons qu’il s’était incliné face à Léon Mba et Louis Emile Bigmann, entre autres, lors de l’élection sénatoriale de 1949. Il passera finalement onze ans à la tête du parlement gabonais avait pour première mandature allant du mois d’avril 1964 au mois d’avril 1967. La seconde s’étendit de 1967 à 1970 puis de 1970 à 1975. En 1967 après la disparition de Léon Mba, c’est lui qui officia à la prestation de serment du jeune président Albert Bernard Bongo, ex directeur de cabinet du président Léon Mba et ex vice-président gabonais. Il est nommé président du bureau politique du Parti Démocratique Gabonais, formation politique instaurant le monopartisme sur l’ensemble du territoire, puis trésorier général dudit parti. Il est par la suite haut conseiller du chef de l’Etat de 1972 à 1977.

 Composition artistique

L’histoire nous révèle que c’est en 1958 que Georges Damas Aleka débute la composition de « La Concorde » qui fut en compétition avec d’autres sonorités pour représenter l’hymne nationale du pays. Lors du référendum de 1958 voulues par les autorités françaises visant à créer une communauté franco-africaine, et pas que, deux blocs politiques s’affrontent âprement pour que le « oui » ou le « non » l’emporte. Mais les combats ne sont pas que verbaux. Comme il est de coutume dans nos société africaines, l’aspect culturel basé sur la spiritualité et le mysticisme compte véritablement et le Gabon n’est pas en reste.

Les hommes politiques usent de toutes les pratiques aussi physiques que spirituelles pour s’attirer le plus grand nombre d’électeurs. L’Union Sociale et Démocrate Gabonaise et le Bloc Démocratique Gabonais opte pour le « oui » et le Parti de l’Unité Gabonaise choisit le « non ». C’est cette tension politique qui servira d’inspiration à Georges Damas Aleka pour constituer les vers de son texte intitulé « La Concorde ». En effet, le vote de 1958 est crucial car c’est lui qui pose véritablement les jalons de ce que sera réellement l’indépendance.

Quoi qu’il en soit, la proposition de Georges Damas Aleka sera celle qui retiendra l’attention des politiques de l’époque. Mais d’aucuns affirment qu’il ne serait pas l’unique artisan de la production de cette œuvre, il aurait collaboré avec d’autres figures politiques comme le charismatique et virulent opposant Jean-Marc Ekoh Nguyema pour mettre sur pied « La concorde » ; on dit même de « La Concorde » qu’elle aurait été tirée d’un chant de noël.

Ainsi, plusieurs s’interrogent jusqu’à présent à qui donner la paternité des paroles et de la musique qui caractérisent « La Concorde » mais officiellement c’est bien Georges Damas Aleka qui la détient bien qu’il ait forcément dû collaborer avec d’autres. Notons que ce chant est identifié sous le code ISWC (International Standard Musical Work Code traduit en français comme Code International normalisé pour les œuvres musicales) T-003.259.564.4. C’est bien lui qui est considéré comme l’auteur original ayant droit sous la référence IPI 00007 38 68 79. Bien après, en 1969, Georges Damas Aleka pond une œuvre du nom de « L’homme Noir » qui traite du problème de la modernité en Afrique et étudie donc les difficultés que posent l’homme noir face au modernisme. Cet ouvrage s’appuie sur l’anthropologie physique, sociale et culturelle.

 Passage dans l’au-delà

Georges Damas Aleka s’éteint le 4 mai 1982 à Libreville. Homme réservé et discret, il est à jamais inscrit dans la mémoire collective des gabonais à travers l’héritage sonore qu’il a légué à ses concitoyens. Même si plusieurs zones d’ombre sur les différents hommes qui ont pris part à l’élaboration de cette hymne nationale demeurent, c’est bien à lui qu’on attribua la paternité de notre chère et tendre « La Concorde ». C’est à ne point douter, un patrimoine inestimable national commun.
Il a été fait « Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’Honneur » le 8 février 1951 par la France.

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