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Etat d’urgence sanitaire sans fin : Quid du rôle du parlement gabonais face à ces prorogations

Etat d’urgence sanitaire sans fin : Quid du rôle du parlement gabonais face à ces prorogations
Etat d’urgence sanitaire sans fin : Quid du rôle du parlement gabonais face à ces prorogations © 2021 D.R./Info241

Il est de notoriété publique que le parlement gabonais, ses deux chambres confondues, sont des caisses de résonnance du pouvoir central établi à Libreville. La dernière prorogation des mesures de lutte contre la pandémie du coronavirus, décidée unilatéralement par le seul gouvernement en conseil des ministres mercredi dernier est venu renforcer ce triste constat dans un Etat dit pourtant de droit.

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Le 14 décembre 2020, députés et sénateurs du Gabon accordaient ensemble leur vote en faveur d’une prorogation de 45 jours de « l’état d’urgence sanitaire » du pays qui, par le truchement du gouvernement, visait à faire face à une expansion de la maladie qui secoue le monde. Ce vote en faveur d’une privation des libertés individuelles et collectives était déjà, à cette époque, contestée par une frange importante de l’opinion. Mais le bénéfice du doute imposait que les gabonais acceptèrent tout de même d’avaler cette pilule amer.

Une prorogation sans fin

Deux raisons auront concouru à cette acceptation. D’une part, le gouvernement avait besoin de se montrer prudent en ne décidant pas aussitôt d’un déconfinement qui, en cas de recrudescence de l’épidémie, l’aurait exposé aux griefs de la communauté internationale. Du côté du peuple, le fait pour le gouvernement de délimiter clairement la période en question n’était pas la mer à boire. Et théoriquement, le début du mois de février devait sonner le déconfinement, sinon général, mais partiel au Gabon. Surtout que le gouvernement annonçait lui-même une « tendance baissière » durant tout le mois de décembre et la mi-janvier, avant curieusement de revenir sur un durcissement desdites mesures sans jamais réussir à convaincre l’opinion que le pays était un des plus impactés du contient. Encore moins au monde.

L’ambigüité des dernières mesures était telle qu’en circonscrivant le pays en deux parties, (le Grand Libreville) et le reste des régions, et en ramenant le couvre-feu à 18h, le gouvernement peine gravement à justifier aujourd’hui le maintien des vols commerciaux en provenance de la France particulièrement atteinte par cette maladie. Seule trouvaille que l’équipe Ossouka Raponda a cru bon d’offrir aux gabonais, le retour à la gratuité des tests PCR.

La souffrance administrative

Mais leur obtention ainsi que celle d’autorisations de circuler relèvent d’un véritable casse-tête chinois à Libreville et dans les gouvernorats. Conséquence immédiate, la longueur et la durée des trajets par voie terrestre se sont multipliées par deux. Plusieurs véhicules passent des nuits en chemin, à des postes de contrôle. Parfois aux portes de leurs destinations. Des compatriotes sont poussés à mentir par un gouvernement. Il faut inventer un motif coriace pour obtenir la fameuse autorisation. Deuil, mariage, maladie etc sont les plus répandus.

Face à tous ces désagréments, le parlement qui devait interpeller le gouvernement face à de telles décisions incongrues qui frisent clairement la dérive autoritaire est bouche cousue. Et comme pour bien lui signifier son inutilité, pourtant affublé du sceau de “représentants du peuple”, voila que le gouvernement (pouvoir exécutif) vient de décider unilatéralement de proroger une fois de plus la souffrance du peuple gabonais sans énoncer la moindre mesure d’accompagnement. Consacrant ainsi la fin de l’état de droit qui voudrait que le seul pouvoir exécutif ne puisse décider tout seul ce type de décisions qui engagent la nation et la vie de ses citoyens sans s’en référer au pouvoir législatif.

Un peuple à bout de souffle

Mieux encore, la pandémie du coronavirus ne fait pas des vagues de disparitions au Gabon et les chiffres sans cesse égrenés par le comité de pilotage (COPIL) créé a cet effet ne convainc personne de leur fiabilité. À l’évidence, plus le gouvernement tente le tout pour le tout pour convaincre le peuple sur la réalité et la dangerosité de cette pandémie sur son sol, plus il radicalise celui-ci et perd considérablement la maigre confiance que celui-ci n’a presque jamais eu de la part de ce peuple qui ne voit rien de concret en terme d’efforts fourni par ses gouvernants qui, en retour, lui demandent et lui impose plus de restrictions qui lui font plus de mal que l’aurait fait la maladie elle-même.

Et que dire de l’utilisation abusive d’une armée au piquet depuis un an et demi ? Et dire qu’il n’est pas exclu qu’une énième prorogation de 45 jours supplémentaires n’est pas à exclure au terme de celle décidée avant-hier, on se demande si le gouvernement n’en fait pas trop au point de risquer une réaction inattendue de ce peuple affamé ?

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