Enquêtes impossibles

Disparition : À quand la vérité sur l’assassinat de Joseph Rendjambe, même 32 ans après ?

Disparition :  À quand la vérité sur l’assassinat de Joseph Rendjambe, même 32 ans après ?
Disparition : À quand la vérité sur l’assassinat de Joseph Rendjambe, même 32 ans après ? © 2022 D.R./Info241

Ce 23 mai est une triste date pour les proches de l’opposant gabonais Joseph Rendjambe. Ce secrétaire général du Parti gabonais du progrès (PGP, opposition) avait été retrouvé mort le 23 mai 1990 dans sa chambre d’hôtel des suites d’une injection léthale. Depuis cette date, les commanditaires et les auteurs de cet assassinat courent toujours. 32 ans que sa famille attend des réponses de la justice gabonaise restée très muette sur les circonstances de ce meurtre non-résolu.

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Né dans la lagune du Fernan Vaz, au sud de Port-Gentil dans la province de l’Ogooué-Maritime, en 1937, Joseph Rendjambe a pour célèbres frères Pierre Louis Agondjo-Okawé, Tchen Charles et Jean Ping. Après son baccalauréat, il se rend d’abord à Paris, en France pour y faire des études de philosophie à la Sorbonne. Son activisme politique le contraint à quitter la France pour l’Europe de l’Est, notamment la Tchécoslovaquie où il fera des études de sciences économiques sanctionnées par un doctorat d’État.

Un leader parti trop tôt

Il entre au Gabon en 1971, après avoir assisté au printemps de Prague et aux événements de mai 68 en Europe. Très remarqué pendant la Conférence nationale de 1990, dont il avait détourné l’enjeu en exigeant et obtenant le multipartisme immédiat, Rendjambe était un stratège politique fin connaisseur des techniques de manipulation des masses populaires. En froid avec le régime Bongo, l’avenir radieux que promettait le destin de Joseph Rendjambe s’est traduit en cauchemar. Car, le 23 mai 1990, le brillant Joseph Rendjambe, alors âgé de 53 ans, est assassiné par injection à l’hôtel Dowe de Libreville.

Au moment de sa mort, il était le secrétaire général du Parti gabonais du progrès (PGP). Certains pensent que sa mort émane de la Conférence nationale tenue du 23 mars au 19 avril 1990 pour avoir signifié à Ali Bongo ses origines Biafraises. Ce qui aurait plongé Ali Bongo dans une colère noire, selon des proches du disparu. Ce, parce que il venait de compromettre le plus grand secret de celui qui devait être le prochain président du Gabon. Il venait de révéler ses origines controversées nigérianes. Une version que personne n’a pu prouver à ce jour.

Un crime impuni

La mort de cet ancien leader de l’opposition a entraîné des vives tensions dans le pays et à Port-Gentil en particulier, sa ville natale. Des populations avaient à l’époque décidé de battre le bitume. La ville était devenue le théâtre de pillages, de soulèvement et de la contestation contre le régime d’Omar Bongo. Pour marquer son innocence dans cette affaire, le gouvernement gabonais de l’époque avait annoncé l’ouverture d’une enquête. Ouverte par le régime, elle promettant de faire toute la lumière sur ce crime jusqu’à ce jour.

Malgré toutes les évidences contenues dans la presse et dans les ouvrages sur le Gabon, l’assassinat de Joseph Rendjambe, demeure un crime impuni. Qui se cache derrière cet assassinat commis avec maestria ? À quand l’élucidation de cet assassinat ? Autant de questions qui n’ont jamais trouvé de réponse. Peut-être que l’enquête suit son cours. Sauf que lorsque l’enquêteur est lui-même le criminel, les chances d’appréhender et d’incarcérer le coupable, sont minces.

Cependant, un des membres de la famille du disparu n’a pas manqué de sortir un livre sur cet assassinat. Intitulé « La vérité, sinon je meurs », ce livre d’Issani Rendjambe est un hommage à ce père parti trop tôt, à cet homme politique engagé pour son pays. Sa mort a certainement privé longtemps l’opposition gabonaise d’un leader sérieux, résolu et radical. Il aurait eu 85 ans aujourd’hui.

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